L’armée de « Sambre-et-Meuse »

L'Armée révolutionnaire française constitue la puissance militaire de la République française, chargée d'assurer la défense des idéaux républicains et l'ordre public pendant la période de troubles révolutionnaires qui suit la Révolution française. Elle a rapidement été menacée par des ennemis extérieurs et intérieurs. Cet état de guerre permanent a mené à une succession de réformes des armées qui existaient en 1791, à savoir : l'Armée du Rhin, l'Armée du Nord et l'Armée du Centre.

Ces trois armées ont d'abord été partagées en sept, puis en onze, avant de culminer à quinze armées après la réorganisation par Lazare Carnot, membre du Comité de salut public, à l'automne 1793. Souvent nommées d'après le département d'où elles opéraient, elles disposaient chacune d'un journal qui lui était propre.

L’armée de « Sambre-et-Meuse », qui deviendra un régiment, est née des armées de la Révolution française sur le front de la Belgique. Cette armée, devenue mythique, est formée le 29 juin 1794 par l’apport de troupes fraîches, avec l’armée des Ardennes renforcée de l'aile gauche de l’armée de la Moselle et de l'aile droite de l’armée du Nord.

Par arrêté du Directoire en date du 29 septembre 1797, mis à exécution du 7 au 20 octobre, les armées de Sambre-et-Meuse et de Rhin-et-Moselle sont réunies en une seule sous la dénomination d'armée d'Allemagne. Elle est commandée par le Général Lazare Hoche est appelée à Paris pour protéger le Directoire.

Assiégée par une coalition européenne, la jeune République française a réussi à mobiliser un million d'hommes sous les drapeaux en galvanisant toutes les énergies. Les jeunes français se battent pour défendre leur patrie, leur « terre » attaquée et agressée. Ils sont la plupart du temps, fils de paysans... alors que leur adversaires sont essentiellement des mercenaires payés par leurs princes.

Après la prise de Tournai et d'Ostende, la Convention décréta qu'elle avait bien mérité de la patrie. Elle eut droit à la même distinction à la prise de Bruxelles, puis à celle de Maestricht en 1795, à celle d'Aix-la-Chapelle. Elle participa à la conquête de la Hollande. En 1796, elle traversa le Rhin et affronta les Autrichiens sur la Lahn.

Un chant patriotique

Incontournable marche militaire des défilés d'aujourd'hui, « Le Régiment de Sambre-et-Meuse » est un chant patriotique français et évoque les armées révolutionnaires de 1792 qui défendaient la nation dans les plaines de Belgique. Petite anecdote : les terroristes du 13 novembre 2015 ne le savaient pas, mais le Ba-Ta-Clan est le lieu de la création de cette plus célèbre marche militaire. Les paroles écrite par Paul Cézano font référence à la défaite française lors de la Guerre franco-allemande de 1870, sur une musique de marche de Robert Planquette.

« Nus, mal nourris ; vous n'avez ni souliers, ni habits, ni chemises, presque pas de pains... » comme dira un peu plus tard le général Bonaparte. L'auteur s'inspire de ces paroles restées célèbres, et l'image ainsi idéalisée de ces soldats avait de quoi réchauffer le cœur des français. Le refrain : « Le régiment de Sambre et Meuse – Marchait toujours au cri de « Liberté ! » – Cherchant la route glorieuse – Qui l'a conduit à l'immortalité ».

Les couplets évoquent d'un ton martial l'armée de Sambre-et-Meuse formée à la suite de la victoire française de Fleurus en 1794 sur les Autrichiens. La région où eut lieu la bataille deviendra le « Département de Sambre-et-Meuse », réuni à la France de 1795 à 1814. Emmanuel Pérès de La Gesse fut le seul préfet du département conquis de Sambre-et-Meuse, en Belgique.

Publié le 05 mars 2022.

Réaction(s) :

2022.03.05  17.44  -  Excellent ! le Comité régional de Sambre-et-Meuse a ses racines historiques et sa musique. Soyez-en fiers. Bien cordialement Claude MICHEL Délégué Général du Souvenir Français pour la Belgique.

La construction de l'Arc de Triomphe

C'est au lendemain de la bataille d'Austerlitz que Napoléon Ier ordonne, le 18 février 1806, la construction d'un Arc de Triomphe sur la place de l'Étoile à Paris pour commémorer les victoires de ses armées.

Par décret impérial, Napoléon fait débuter la construction de l'arc de triomphe pour que ses soldats victorieux puissent le franchir, comme les armées antiques rentrant de leurs campagnes dans Rome.

L'architecte Jean-François Chalgrin est chargé de réaliser les plans du monument mais il meurt en 1810 et plusieurs architectes prennent la relève, tel Louis-Robert Goust. Interrompus sous la Restauration (1814- 1830), les travaux reprennent en 1830 avec l'architecte Guillaume-Abel Blouet. Commencée le 15 août 1806, la construction du monument, dédié aux armées de la Révolution et de l'Empire, s'achève trente ans plus tard le 29 juillet 1836, sous le règne de Louis-Philippe.

Le monument est devenu un symbole de la Nation. Ses voutes et parois sont couvertes de noms prestigieux et abritent depuis 1921 la tombe du soldat inconnu.

En 1835, il fut décidé que la voûte ornée de caissons à la romaine recevrait les noms des 128 batailles de la République et de l’Empire ainsi que ceux des généraux qui y participèrent. 660 noms sont ainsi gravés sur ces parois. Ce monument honore en fait ceux qui ont contribué à faire et défendre la France, qu'ils soient célèbres ou inconnus.

La flamme qui brûle sur la tombe du soldat inconnu est ravivée tous les soirs. L'Arc est classé monument historique depuis le 6 février 1896. Il est, aujourd'hui, le monument qui symbolise le mieux Paris dans le monde entier, avec la tour Eiffel et le palais du Louvre.

Un musée installé dans l’arc retrace l’histoire de sa construction et rappelle les grands événements qui s’y déroulèrent.

Je vous ferai évêque !

Sur la route menant à Charleroi, en passant par Ham-sur-Heure et ses hameaux, le village de Jamioulx est dominé par la petite église néo-romane de Saint-André et son vieux cimetière emmuraillé.

En juin 1815, ce joli village de Jamioulx, situé au sud de Charleroi, a vu passer Napoléon et ses troupes qui font route vers leur destin dans les plaines brabançonnes. Un bivouac provisoire est établi dans le bourg : soldats et chevaux se rafraîchissent à l'Eau d'Heure. C'est un va-et-vient sans fin dans les rues du village : la colonne ne compte pas moins de 30.000 hommes.

Jean-Nicolas Jénicot était alors le curé du village et assiste à tout cela depuis son verger, regardant avec inquiétude les déplacements de la troupe. Soudain, son regard tombe sur l'Empereur appuyé contre le tuteur d'un jeune poirier, les mains derrière le dos et il semble absorbé par ses pensées. L’abbé s’approcha de Napoléon et lui offrit un verre du vin favori de l’empereur : le Chambertin.

Le remerciant de son geste, Napoléon entama avec lui une conversation, il l’impressionna tant par sa grande intelligence, que l’empereur, avant de le quitter, lui demanda de noter son nom dans son calepin, rajoutant de sa main qu’il en ferait bien le futur évêque de Tournai.

Malheureusement pour l'homme en soutane, le destin en décida autrement quelques jours plus tard dans un autre village, avec la défaite de Waterloo.

On raconte dans le village que le curé conserva le tuteur contre lequel s'était appuyé Napoléon, il l'appelait, non sans malice, son « bâton d'Evêque ».

Disparu en 1831, c’est au fond du vieux cimetière près de la petite église néo-romane que repose Jean-Nicolas Jénicot. L’histoire ne dit pas ce qu’il advint du tuteur.