Aimé Boury.

Fils de Germain, cultivateur ,et de Clémence Amichaud, Aimé Boury était un Dragon du 1er Bataillon du 14e Régiment. Né le 5 novembre 1910 à Sainte-Sévère-sur-Indre, il trouvera la mort à l’âge de 29 ans dans l’Entre-Sambre-et-Meuse à Hanzinelle le 17 mai 1940, carbonisé.

Les circonstances de sa mort, le 17 mai 1940

En 1939, le 14e Régiment de Dragons Portés est créé à la mobilisation. Le 10 mai 1940, le 14e Dragons commandé par le Colonel Ducasse est positionné à la frontière franco-belge dans Baives. Le 12 mai le régiment est au contact avec l’ennemi dans une action retardatrice près de Crupet. Le 13, il est regroupé près de Vitrival et est engagé les 13 et 14 mai sur l'autre versant de la vallée de la Molignée, face à Haut-le-Wastia. Il se replie ensuite vers Mettet.

Le 1er Bataillon du 14e Régiment de Dragons Portés (I/14eRDP) se bat contre des Cyclistes allemands, à Mettet, le long de la route en direction de Bioul. Mettet est soumis à des tirs d'artillerie ennemis et plusieurs maisons brûlent.

Un groupement est constitué avec le I/14e RDP et le détachement Loutrel du 1er Groupe de Reconnaissance de Division d'Infanterie. Placé sous les ordres du Lt-Col Pommares (commandant du 14e RDP), ce groupement a pour mission de se replier par l'itinéraire Oret-Hanzinelle-Hanzinne-Tarcienne. A 9 heures du matin du 17 mai, le Capitaine Sonnery, commandant du I/14e RDP, envoie à Hanzinelle les tracteurs de ravitaillement et le peloton de commandement de son bataillon sous les ordres du Lieutenant de Villautroy.

Quelques agents de transmission suivent en moto. La voiture du lieutenant arrive sur la place d'Hanzinelle pour y être accueillie par des rafales de mitrailleuses tirées d'un blindé de reconnaissance allemand qui se replie ensuite. Deux voitures françaises prennent feu. Dans la 1ère voiture de la colonne, de Villautroy et son chauffeur, Aimé Boury, sont tués et carbonisés.

Depuis les années 70, Aimé Boury repose à la nécropole française de Chastre (tombe 457). La stèle a été retrouvée enterrée dans un jardin d'Hanzinelle par l'a confiée au Musée de Haut-le-Wastia. Ce souvenir émouvant sera présenté dans quelques temps au Musée dans la salle du Souvenir au côté du drapeau des anciens du 14e RDP.

Le musée s'est vu confier la garde d'une stèle des parents français pour leur fils tombé chez nous en 1940 avec le texte « A la Mémoire de notre fils regretté Aimé Boury, 1910-1940. Priez pour lui. »

Source : Carnet de route du 14e Dragon porté, Généalogie de la famille « Boury » et Roland Charlier, « La région de Florennes, au début de la seconde guerre mondiale, 1910-141 ».

Retrouver les combats de mai 1940 sur la toile du Musée de Haut-le-Wastia à l’adresse : http://emission-amplification.be/musee/historique/

La tombe du Dragon Aimé Boury dans le cimetière militaire de Chastre aux côtés du Lieutenant de Vallantroy (orthographe à vérifier) et le Musée de Haut-le-Wastia qui conserve sa mémoire.

Jean Moulin au Panthéon

Le 19 décembre 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon, à Paris, à l'initiative du général de Gaulle.

Une cérémonie qui participe à la légende de l’unificateur de la Résistance.

Le choix de transférer ses cendres au Panthéon est soutenu, dès 1963, par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles. Puis repris par le chef de l’État lui-même. L’époque est troublée, entre les déchirures de la guerre d’Algérie et les affrontements autour de la question du suffrage universel direct.

La figure de Jean Moulin suscite un consensus général. Elle permet de ressouder la cohésion nationale derrière le mythe d’une France résistante, unie autour du général de Gaulle. Vingt ans après sa mort en martyr, Jean Moulin connaît une canonisation laïque qui célèbre, à travers lui, la Résistance elle-même.

La cérémonie est grandiose et marquée par le célèbre discours prononcé par André Malraux, de sa voix tremblante.

Un hommage flamboyant envers Jean Moulin et à tous les résistants à l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale.

Publié le 19 décembre 2021.

Le Général de Gaulle et le Maréchal Leclerc

La date du 22 novembre correspond au jour anniversaire de 2 légendes de notre histoire : le Général Charles de Gaulle né le 22 novembre 1890 à Lille (Nord), et le Maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque né le 22 novembre 1902 à Belloy Saint-Léonard (Somme).

L'un refusant l'armistice et lançant depuis Londres son appel du 18 juin 1940, Chef de la France Libre et membre du Comité de Libération Nationale. Le second prononçant son serment de Koufra en 1941, brillant stratège réalisant à la tête de la 2ème DB une épopée mémorable de la Normandie au nid d'aigle d'Hitler.

Les deux chefs militaires se respectaient mutuellement et avaient conclu une entente pour la Libération de Paris.

Publié le 22 novembre 2021.

Hubert Germain, dernier compagnon de la libération..., est décédé.

La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé ce mardi 12 octobre à Paris, le décès de Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération encore en vie. Il avait 101 ans. Résistant et homme politique français, Hubert Germain était né le 6 août 1920 à Paris.

Engagé dans les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, il mène ensuite une carrière politique, au cours de laquelle il est maire de Saint-Chéron dans l'Essonne et député de la quatorzième circonscription de Paris (13e arrondissement). Il est, entre 1972 et 1974, ministre dans les gouvernements Messmer, sous la Présidence de Georges Pompidou.

Emmanuel Macron rendra hommage à Hubert Germain lors d’une cérémonie qui se déroulera dans les prochains jours aux Invalides et présidera. Le 11 novembre, la cérémonie d’inhumation, du dernier Compagnon de la Libération, se tiendra à l’Arc de Triomphe et au Mont-Valérien, a annoncé l'Élysée. Devenu un haut lieu de mémoire de la France libre avec l'inauguration le 18 juin 1960 par le général de Gaulle d'un monument solennel, le Mont-Valérien fut le principal lieu d'exécution de résistants et d'otages durant la Seconde guerre mondiale.

Fin 2020, un hommage national avait été rendu à l'avant-dernier Compagnon de la Libération et ancien secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier, décédé à Cannes à l'âge de 100 ans.

Hommage et respect !

Publié le 13 octobre 2021.

« La Journée d’Anne Frank »

« La Journée d’Anne Frank » Anne Frank, jeune fille juive allemande exilée au Pays-Bas, aurait eu 92 ans aujourd’hui. Le 12/6 de chaque année, en Allemagne, on célèbre la Journée Anne Frank.

Au cours de l'occupation des Pays-Bas par l'Allemagne nazie ,elle se cache à Amsterdam, pendant deux ans avec sa famille et quatre amis ; c’est là qu’elle va tenir son journal intime, « Le Journal d’Anne Frank » dès le 12 juin 1942. La rédaction s’arrête le 1er août 1944, quelques jours avant l’arrestation des huit personnes le 4 août suivant.

Anne Frank meurt du typhus, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, en mars 1945. « Le Journal d'Anne Frank » a été traduit en plus de 70 langues et vendu à près de 30 millions d’exemplaires, donnant lieu aussi à des films.

« La Journée d’Anne Frank » est une journée d’action qui rassemble les gens dans la ville chaque année depuis 2017 où, en coopération avec des écoles de tout le pays, on ravive le souvenir de la jeune fille et de l’Holocauste. Mais c’est aussi l’occasion de sensibiliser la jeunesse et le grand public aux questions de l’antisémitisme et du racisme.

Publié le 12 juin 2021.

Musée : Replongez-vous dans les batailles de mai 1940

Christian Rousseau avec Olivier Voets

Dominant les vallées de la Meuse et de la Molignée, le village de Haut-le-Wastia occupe une position clef. En mai 1940, situé sur un des axes d’attaque de l’armée allemande, il connaîtra de violents combats. Visite au Musée du souvenir.

Le 12 mai en fin d’après-midi, le XVe Corps d’Armée allemand, composé des 5e et 7e divisions de panzers, aborde la Meuse dinantaise. Là, des éléments de la 9e Armée française préparent la défense des rives. En soirée, l’avant-garde allemande, sous les ordres du général Rommel, le futur Renard du désert, traverse immédiatement le cours d’eau sur la passerelle non défendue de l’écluse de Houx. C’est le 1er franchissement du fleuve ardennais, condition impérative à la réussite de l’offensive nazie.

Renforcées à l’aube du 13 mai par d’autres attaques entre Bouvignes et Houx, les unités allemandes progressent vers les hauteurs, créant une double tête-de-pont. Au nord, face à Houx, les défenseurs français, d’abord surpris, doivent abandonner les rives mais ils se ressaisissent et tiennent solidement les crêtes, l’accès à la Molignée et Haut-le-Wastia. En fin de journée, les Allemands conquièrent cependant la localité à l’exception de son entrée sud, occupée dans l’après-midi par l’infanterie française.

Le 14 à l’aube, avec des troupes pourtant déjà éprouvées par plusieurs jours d’opération, les Français lancent une ultime attaque pour reprendre le village. Après des combats de rue furieux où quelques automitrailleuses françaises font la différence, Haut-le-Wastia change de mains. Cet assaut constitue une des rares réactions alliées victorieuses en mai 1940. Une quarantaine d’Allemands sont même capturés dans l’église. Néanmoins, menacés au sud par la percée de Rommel et au nord par l’arrivée de nouvelles divisions allemandes, les vainqueurs abandonnent aussitôt leur conquête. Certains détachements français, complètement isolés, résisteront encore plusieurs heures aux assauts ennemis.

Les combats se déplacent alors en direction de Florennes. À Flavion, plusieurs centaines de chars s’affrontent le 15 mai, sans pour autant arrêter la progression allemande. La dernière chance française de bloquer les panzers à l’ouest de la Meuse aura ainsi échoué.

Longtemps oubliés de tous, ces événements tragiques et le sacrifice des soldats français sont toujours restés présents dans le cœur des habitants de Haut-le-Wastia. Dans l’après-guerre, des vétérans reviennent sur les lieux de leurs combats. Bien accueillis par la population, des liens d’amitié se nouent. Avec le temps, les visites, élargies aux amicales des unités et aux familles, se concentrent en mai lors des commémorations. En 1970, un grand Mémorial est érigé gratuitement par des travailleurs des environs. En 2003, plusieurs bénévoles enthousiastes, soutenus par la Commune d’Anhée, créent l’ASBL Musée du Souvenir, Batailles de la Meuse, mai 1940. Entièrement dédié à la mémoire des militaires français ou belges engagés dans la région en mai 1940, le Musée du Souvenir a pour objectif de rappeler leurs sacrifices et les événements qui ont marqué ces journées tragiques. En ce sens, il complète et perpétue les relations amicales entre habitants et vétérans. Dans cette optique, les salles du musée abordent chacune un thème spécifique et présentent aux visiteurs des cartes, des photos souvent uniques et des pièces d’équipement mis en perspectives par des explications détaillées ou la reconstitution de scènes grandeur nature. Particulièrement émouvants sont les souvenirs confiés par les habitants ou les vétérans eux-mêmes : uniformes, lettres, documents d’époque, médailles, objets de la vie de tous les jours… Un plan en relief du champ de bataille (6 m²) permet aux visiteurs de visualiser le terrain et de localiser les différentes actions. Les collections comptent des pièces particulièrement rares : empennage de MORANE MS 406 avec une inscription au crayon de son mécanicien polonais, pièces de chars Renault B1 bis ramassées à Flavion, mitrailleuse allemande repêchée dans la Meuse, uniformes d’officiers français, radeau gonflable allemand aux dimensions impressionnantes, uniforme de tankiste allemand, calculateur d’artillerie français… Plusieurs films mettent le visiteur directement en contact avec les combattants de l’époque : témoignage illustré d’un vétéran ayant pris part aux derniers combats dans le village et interview en images d’un pilote de chasse français abattu à Haut-le-Wastia le 13 mai 40.

Par sa position centrale, le musée est un point de départ idéal pour parcourir le champ de bataille : traces des combats sur les murs des maisons, vestiges de l’ancien pont d’Yvoir, Mémorial de Haut-le-Wastia, nombreux monuments aux combattants français et belges ou aux victimes civiles, casemate et écluse de Houx, site de franchissement de Bouvignes, grotte de Salet, tombes françaises de Denée et Bouvignes… Les passionnés d’histoire militaire seront étonnés.

Depuis sa création, le Musée du Souvenir repose uniquement sur le travail de bénévoles. Loin de se contenter d’entasser photos, uniformes et équipements, ils donnent vie et sens aux collections. Ils assurent aussi les visites guidées, organisent avec la Commune d’Anhée les commémorations, poursuivent l’étude des événements et proposent des tours commentés du champ de bataille.

Olivier Voets Major en retraite, Membre du Musée du Souvenir, Délégué local du Souvenir Français

En pratique

Ouvert de mai à mi-octobre. Les samedis, dimanches et jours fériés de 13h30 à 18h Visite de groupes et tour du champ de bataille possibles toute l’année, même en semaine, sur rendez-vous. En raison du COVID, il est conseillé de se renseigner sur les jours d’ouverture

Détails sur http://www.museedusouvenirmai40.be/   

La bataille de Flavion.

Le 15 mai au matin, lorsque les panzers de Rommel sortent d’Anthée, ils ont la surprise d’être engagés depuis Flavion par les B1 bis de la 1ère D.C.R..

Après avoir déployé un écran sur son flanc Nord, source de quelques accrochages entre panzers et chars français, la 7.Panzer-Division reprend sa progression vers l’Ouest, soutenue par les Stukas. Rommel disloque ainsi le dispositif français et atteint déjà Cerfontaine à 15h.30. Pendant ce temps, le colonel Werner, avec son seul Panzer-Regiment.31, affronte les B1 bis de Bruneau.

Mieux entraînés, plus expérimentés et commandés depuis l’avant par radio, les panzers battent avec difficultés la 1ère D.C.R.

Bruneau ordonne à sa division de battre en retraite mais avec ses lourdes pertes et complètement dispersée, la division française n’est déjà plus opérationnelle. Les combats de Denée (destruction de la 3e Cie du 37e B.C.C.) et de Florennes ne changeront rien.

Le 15 mai au soir, la percée allemande se transforme en exploitation que la 9e Armée ne pourra plus arrêter.

Texte et photo : Musée du Souvenir, Batailles de la Meuse, Mai 40. Le musée est situé sur la place des Français à Haut-le-Wastia.

Publié le 16 mai 2021.